Reprise d’entreprise ou création ex nihilo, quels avantages et inconvénients ?

Création ou reprise d’entreprise : comment bien choisir ?

Les spécificités et enjeux de la création d’entreprise ex nihilo

Créer une entreprise ex nihilo signifie partir de zéro avec la volonté de bâtir un projet à son image.

L’entrepreneur est ainsi libre de façonner tous les aspects de sa future entreprise : concept, nom, identité graphique, organisation interne, valeurs, et bien sûr offre de produits ou services. Cette liberté totale et le champ des possibles qu’elle ouvre séduisent de nombreux porteurs de projet désireux d’innover ou simplement de répondre à des besoins non couverts sur leur marché.Les entrepreneurs qui souhaitent se lancer dans la création d’entreprise en partant ex nihilo peuvent également trouver un avantage financier dans cette démarche. Créer coûte souvent moins cher que reprendre une société existante et peut ainsi faciliter le lancement pour certains entrepreneurs.

Cependant, fonder son entreprise ex nihilo demande en contrepartie d’avoir une vision précise et claire du projet à réaliser ; mais aussi d’être capable de s’adapter rapidement en toutes circonstances et de gérer l’incertitude inhérente à la création d’un projet entrepreneurial où tout reste à faire.Le principal enjeu d’une création ex nihilo réside dans la validation du modèle économique. Trouver ses premiers clients, convaincre des partenaires financiers ou commerciaux, obtenir des financements bancaires ou non bancaires pour développer son activité, recruter une équipe… Autant d’étapes décisives qui ne sont pas forcément évidentes à passer.

En effet, l’absence d’antériorité rend plus difficile le travail de crédibilité à établir vis-à-vis des tiers : banquiers, fournisseurs ou investisseurs vont plus difficilement vous faire confiance lorsqu’ils n’ont pas référence à une entreprise dotée d’un historique.L’autre particularité liée au fait de créer ex nihilo est que cela ne génère pas immédiatement du chiffre d’affaires. L’entrepreneur doit donc être en mesure de maîtriser ses besoins en fonds de roulement et être capable de surmonter des difficultés liées au financement – recherche – comme au matériel – équipement -, aux ressources humaines – recrutement – ou encore à la vente – conquête clients/ fournisseurs. Il est donc essentiel de suivre un process bien défini pour créer son entreprise : définition du projet/ l’idée – étude du marché/ business plan – choix forme juridique/ démarches administratives… Cette étape préliminaire au lancement effectif de l’activité peut prendre 6 mois minimum voire 9 mois selon les cas durant lesquels il faut anticiper différents coûts (frais administratifs, frais publication légale, accompagnement conseil création, salaires charges…).Pour réussir cette étape essentielle à la vie d’une entreprise naissante, il existe plusieurs facteurs clés à prendre en compte :

  • Réaliser une étude de marché sérieuse pour détecter la concurrence, les opportunités et les éventuels risques.
  • Élaborer un business plan réaliste et précis intégrant des prévisions financières raisonnables.
  • Faire le bon choix de statut juridique pour optimiser fiscalité, protection sociale et gouvernance.
  • Construire un réseau solide constitué de mentors, partenaires et acteurs locaux susceptibles de soutenir le projet.
  • Utiliser des outils numériques adaptés pour gérer efficacement l’administratif, le commercial et le marketing.
  • Définir précisément les objectifs à court et moyen termes afin de piloter sereinement la croissance.

A contrario, la création ex nihilo permet d’installer d’emblée les bonnes pratiques et de laisser libre cours à l’innovation. Les entrepreneurs jouissent d’une flexibilité totale tant sur l’organisation que sur l’offre. Ils composent leur équipe à la carte et construisent progressivement les compétences clés du projet au fil du développement. Cette dynamique stimule la créativité et l’agilité, deux qualités indispensables à toute entreprise pour faire face à un environnement économique fluctuant.

Enfin, si la réussite d’une création repose largement sur la maîtrise de son sujet elle passe également par une bonne connaissance de soi-même ainsi qu’en menant une analyse sectorielle poussée qui permettra d’orienter au mieux ses choix entrepreneuriaux. À cela s’ajoute l’importance d’une communication percutante dès le démarrage afin de bâtir une identité forte et séduire rapidement une clientèle pérenne.

Les spécificités et enjeux de la reprise d’entreprise

La reprise d’une entreprise consiste à intégrer une entité existante avec sa propre histoire, ses clients, son équipe et ses processus.

Parmi les principaux atouts on trouve  : l’existence d’une activité opérationnelle, d’un portefeuille client, d’équipes en place, d’infrastructures et d’une notoriété  ?

Dans cette configuration on dispose le plus souvent de rentabilité et de revenus immédiats, il est plus facile d’accéder à l’historique de l’entreprise et aux financements bancaires et certaines lourdeurs administratives sont évitées. En moyenne le temps nécessaire pour réaliser une reprise s’étend sur 12 à 18 mois pour un montant compris entre 150 000 et 300 000 euros.

Mais la reprise n’est pas sans challenges  : il faut impérativement analyser en profondeur la santé financière de l’entreprise, détecter les points faibles, évaluer le potentiel de croissance et vérifier la pérennité des relations avec les clients et les fournisseurs. L’évaluation doit aussi porter sur l’existence éventuelle de litiges, le passif, les contrats en cours ou encore la pertinence du business plan. La période de transition peut être délicate notamment vis-à-vis des salariés qui sont souvent attachés au dirigeant sortant. La culture d’entreprise, la conduite du changement, l’intégration dans une équipe existante ou encore la gestion des enjeux relationnels sont autant de facteurs clés qu’il faut maîtriser pour réussir une transmission. Le succès d’une reprise dépend aussi de la capacité du repreneur à gérer son entreprise comme un véritable chef d’entreprise  : ses compétences en management et pilotage ainsi que sa capacité à analyser objectivement les forces et faiblesses de son entreprise cible seront déterminants.

Racheter une entreprise nécessite un investissement financier conséquent : il faut racheter tout ou partie des titres de la société, ce qui engendre bien sûr le prix de la cession, mais aussi les frais juridiques et le besoin en fonds de roulement. Les difficultés de trésorerie ne sont pas rares, notamment si vos besoins ont été sous-estimés.

De plus, vous devrez composer avec l’existant : perte de liberté pour certains choix (nom, image, clientèle…) et complexité opérationnelle immédiate. Il faudra également anticiper votre dépendance à la relation avec le cédant et le choc culturel lié à l’intégration dans une nouvelle équipe.Si vous disposez d’une vision moins « entrepreneuriale » du projet de reprise, ces contraintes peuvent cependant se transformer en véritables atouts : visibilité sur le chiffre d’affaires et la rentabilité, création éventuelle de synergies… Et la reprise d’entreprise présente un taux de pérennité supérieur à la création (73 % des entreprises reprises sont toujours en activité 3 ans après contre 62% des entreprises créées), ainsi qu’un développement plus rapide.

Les différentes étapes de la reprise d’entreprise sont les suivantes  : définition du projet – recherche de cible – analyse de la viabilité – évaluation – négociation – due diligence (audit) – montage du financement – acte de cession – formalités administratives et juridiques – gestion de la transition post-reprise.Les principales solutions de reprise sont  : acquisition du fonds de commerce, des titres, cession progressive d’actifs (sell out), reprise par les salariés (MBO – Management Buy Out).Si vous souhaitez sécuriser votre projet, il est important d’éviter certains risques  : négligence lors de l’audit juridique (due diligence), surestimation de la rentabilité future, sous-estimation des besoins en trésorerie, ignorance de la dimension humaine ou encore absence d’accompagnement juridique.Nous vous conseillons donc pour sécuriser votre opération et maximiser les chances de succès, sur cette étape particulièrement sensible d’un parcours entrepreneurial.

Avantages et inconvénients de la création vs. reprise : le comparatif

Créer une entreprise dans les règles de l’art (c’est-à-dire sans « embêter » personne) permet d’imaginer son projet comme on le souhaite, sans être contraint par les habitudes ou les choix des prédécesseurs.

C’est aussi l’opportunité de commencer « petit », avec une structure légère et des coûts maîtrisés. Malheureusement, la création d’entreprise présente un risque important, tant sur la solidité du modèle économique que sur la capacité à conquérir son marché. Le chemin vers la rentabilité peut être long et tortueux, d’autant plus que l’absence d’historique complique souvent l’accès au financement.A l’inverse, la reprise d’entreprise permet de s’appuyer sur une base construite par un tiers : clientèle existante, notoriété, équipe en place, process établis… Cette option sécurise le risque de défaillance à court terme mais implique une mise de départ importante en capital et nécessite « d’hériter » de certains choix stratégiques qui peuvent freiner la créativité et l’innovation. Etre capable de s’intégrer dans une culture d’entreprise tout en fédérant ses équipes autour d’un nouveau projet est alors primordial pour réussir sa transition. Les avantages de la reprise sont par ailleurs nombreux : visibilité financière des entreprises cédantes, possibilité de créer des synergies, accès facilité aux financements… Les inconvénients sont cependant réels : marché étroit et concurrentiel (on estime qu’il y a en moyenne trois acquéreurs pour un cédant), prix d’acquisition souvent élevé au regard des performances financières et du potentiel futur de développement, nécessité de s’aligner sur une culture d’entreprise préétablie et exigences opérationnelles importantes. Les difficultés à faire évoluer certaines pratiques internes ainsi que le risque de choc culturel doivent donc être anticipés.

Le choix entre la création et la reprise d’entreprise dépendra du profil de l’entrepreneur, de ses objectifs, de ses moyens, de son budget et de ses compétences managériales. Les entrepreneurs expérimentés ou ceux qui disposent de réelles compétences en gestion et management trouveront leur compte dans la reprise d’entreprise tandis que ceux qui aspirent à plus de liberté, d’innovation et qui souhaitent acquérir une expérience au fur et à mesure pourront se tourner vers la création. Quoi qu’il en soit, il est conseillé de se faire accompagner dans cette démarche, notamment pour la reprise qui nécessite une analyse approfondie et une gestion précise.

Tendances, accompagnement et perspectives d’évolution des deux parcours

Parallèlement à la reprise d’entreprise, qui est plus que jamais d’actualité en raison du vieillissement des dirigeants et du nombre croissant de cessions pour départ à la retraite, soutenue également par la digitalisation et les plateformes d’accompagnement (incubateurs, réseaux d’entrepreneurs…), la création d’entreprise en France continue de progresser, portée notamment par l’explosion des micro-entreprises.L’encadrement et le suivi de l’opération par des acteurs spécialisés tels que CCI, chambres des métiers et de l’artisanat, réseaux d’entrepreneurs, experts-comptables ou encore aides financières, dispositifs de garantie ou formation à la gestion d’entreprise sont autant de facteurs déterminants pour sécuriser les premiers pas du créateur comme du repreneur et assurer leur succès.

Si l’on observe une attention toute particulière pour la reprise au niveau des projets entrepreneuriaux, due à une volonté affirmée de ne plus laisser partir son entreprise dans l’inconnu ou encore à un besoin de sécurité accru face à un marché concurrentiel où il y a en moyenne trois acquéreurs pour un cédant, l’analyse financière approfondie devient incontournable. La recherche d’une cible pertinente ne peut se faire qu’après une évaluation rigoureuse grâce à un business plan solide étayé par une étude de marché. D’autant plus qu’il y a quelques années il y avait un repreneur pour quatre créateurs… L’accompagnement est aussi parmi les facteurs clés qui permettra au repreneur de trouver le bon chemin afin de réussir son projet entrepreneurial. Avoir recours à un expert-comptable par exemple est devenu essentiel dans le cadre d’une reprise tant au niveau financier que juridique.

Au fil du temps l’accompagnement et les réseaux sont devenus indispensables mais également le facteur humain dans la reprise avec notamment la culture d’entreprise à prendre en compte et gérer pour réussir…

Notamment lorsque la reprise se fait par les salariés (MBO) ou qu’il faut activer des synergies avec un repreneur déjà en activité.

Les perspectives d’évolution sont encourageantes : la digitalisation, la transition écologique et l’innovation sociale créent de nouvelles opportunités à la fois pour la création et la reprise. L’enjeu sera d’adapter les modèles économiques à ces nouveaux standards, tout en renforçant la capacité des entrepreneurs à s’entourer, se former et anticiper les évolutions du marché. En conclusion, l’adéquation entre compétences personnelles, budget, attentes et contexte du marché est le facteur clé dans le choix entre création et reprise. Que l’on opte pour l’un ou l’autre parcours, la préparation, l’étude sérieuse et l’accompagnement sont indispensables à la réussite et la pérennité du projet entrepreneurial.