Un stop devant la dernière campagne pour l’Office National du Tourisme Tunisien et un petit vent de révolte qui souffla fort dans ma tête. L’accroche ? « Il parait qu’en Tunisie, la tension est à son comble.« , je vous laisse regarder en-dessous. Un ton ironique ainsi que des verbes induisant la rumeur, rien de très drôle à mon sens dans la mesure où les révoltes en Tunisie sont de l’ordre du réel. L’annonceur tente de redorer son image suite aux différents soulèvements et de relancer le tourisme ; pourquoi pas. Un ton décalé qui a vocation à se démarquer des autres qui investissent massivement l’affichage. Autre chose, les médias et le web qui se sont largement emparés des soulèvements tunisiens, nous ont immergé au plus près de la révolte.

Twitter et les blogs deviennent des lieux d’expression incontournables allant jusqu’à devenir la première source d’information pour les médias dits « classiques ». Prendre toute cette situation au second degré amoindri la dimension dramatique de ces révolutions, j’ai l’impression que la France n’a pas besoin de ça tant les clichés sont prégnants. Un stéréotype négatif qui tend à se transformer en cliché positif ? Sans compter que les médias pansent les coups d’éclat et nous font rapidement oublier la réalité des choses en choisissant pour nous ce qui fait la priorité de l’information.

Le simple fait de prendre à la légère n’est donc ni bénéfique pour nous, ni pour ceux qui ont vécu (et vivent) les soulèvements. A l’heure où j’écris, une personne de mon entourage infirme mon propos en insistant sur le simple fait que le « tourisme fait vivre la Tunisie et que les locaux en sont toujours très contents ». Encore une fois pourquoi pas, ensuite je ne peux m’empêcher de penser à Djerba qui s’efforce de préserver sa beauté malgré les hordes d’occidentaux non civilisés.

Un groupe apparemment anarchiste a par ailleurs détourné la campagne en changeant simplement les visuels. L’ironie est ici paroxistique.

Lorsque j’observe cet exercice de style, je ne peux m’empêcher de retourner un peu ma veste. Est-ce que ces clichés ne nourrissent finalement pas la peur et au-delà de cette crainte, les stéréotypes qui existent depuis toujours ?

Le Portail tunisien du marketing et de la communication a interrogé l’agence en charge de cette campagne et certains éléments mis en relief prouvent finalement que la vision que les Occidentaux ont des pays Arabes s’éloignent bien souvent de la réalité (rien de nouveau). L’intérêt ici était de « déployer un argumentaire émotionnel du même niveau que la peur » et de puiser dans l’ADN des Tunisiens à savoir l’humour.

Pour conclure sur ces quelques citations, il me semble qu’il est important que les Tunisiens se reconnaissent dans une campagne d’image. Dans ce cas, les clichés de dépaysement ont un pouvoir de persuasion plus important que les accroches provocantes…

Je suis consciente que ces bribes d’analyse ne suffisent pas nourrir pleinement le débat, il vous fera peut-être réagir.

J’en oublie de vous parler de la suite de la campagne, qui met le doigt sur le sens du service qui caractérise(rait) le tourisme tunisien. Je n’ai pas les visuels, n’hésitez pas à me les envoyer…

 

Merci à Sonia pour le complément d’information.

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...