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Face aux catastrophes de l’été, easyJet ironise et détourne ses pubs

easyJet, compagnie low coast, a rebondi assez intelligemment sur ses déboires du mois de juillet. Nous sommes à Lausanne, le visuel a été volontairement tagué anticipant les réactions de clients mécontents : « La culture des petits prix ! ET GRANDS RETARDS ! » Un ton ironique qui frise la provocation mais qui reste néanmoins en adéquation avec l’ADN de la marque et avec ses communications passées. Plus loin, un autre  affichage vante « La Scandinavie à prix royal », avec ce commentaire ironique, lui aussi gribouillé : « Royalement en retard ».

On en pense quoi ? On en pense que faute avouée à demi pardonnée, on en pense que cet exercice d’autoflagellation qui reprend les codes du street, du graffiti et donc d’une certaine forme de guérilla ou du mouvement anti-pub est habile. Pour revenir sur ce mouvement, il perd en crédibilité (désolée les gars) puisqu’il rappelle sans cesse la place qu’occupe la publicité dans notre quotidien et les personnes qui saccagent ou détournent les affichages sont facilement assimilés à ce qu’ »on » exècre « Les casseurs ».

Je lis de plus en plus d’articles (et j’en écris pas mal également) traitant de street culture ou street Art qui soulèvent d’intéressantes questions. Comme j’ai pu le dire il y a peu chez Paper-Plane, la rue est toujours rattrapée par la pub on dirait. Les différentes formes d’expression que représentent le tag et le graffiti qui s’apposent sur tous types de supports se voient récupérés par la publicité. easyJet illustre encore une fois cet état de fait, les bus qui sont régulièrement recouvert de visuels publicitaires par exemple semblent reprendre un exercice de style déjà amorcé par ceux qui font la street culture. Un terme qui se banalise et qui de surcroit banalise un mouvement ; l’expression perd de son sens… Le tag rend cet affichage subversif et fait un joli pieds de nez au détracteurs de la marque.  Des retards oui mais en low coast, il ne faut pas déconner (heu l’oublier).

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9 réponses à “Face aux catastrophes de l’été, easyJet ironise et détourne ses pubs”

  1. Derty© dit :

    Bonjour, bonjour,
    dommage qu’il n’y ait pas de « like » possible sur tes articles car j’en aurai mis un volontiers. Je n’avais pas vu ce qu’easyjet avait fait sur ses propres affichages. Je trouve ça assez malin et la marque fait ici preuve d’auto-dérision et ça on aime (enfin moi oui)! Pour ma part étant assez proche de ce que l’on appelle la « street culture », terme parfois (même souvent) utilisé à tort ou à mauvais escient, j’aime quand elle est est récupérée de manière assez intelligente (avec humour également) par la pub au sens large. Sans tomber dans le commercial elle a sa place comme canal d’expression pour certaines marques ou campagnes. Je m’explique, si demain BN (les gâteaux) utilise les codes de cette culture (qui est avant-tout une contre-culture) cela me dérangerai. Se pose alors la fameuse question (pour ceux qui continuent à lire ce com’ et ce pour qui « street » veut encore dire quelque chose ^^)qui est la suivante: « à partir du moment où ce mouvement est récupéré perd-il en crédibilité? » Fût un temps j’aurai dis oui haut et fort, proclamant que ce qui est à la rue appartient à la rue et seul les activistes ont la légitimité. Et puis les années passent et l’esprit s’ouvre (les fesses aussi, nan je rigole) et on se dit pourquoi pas?! Ce qui est sûre (car faut conclure un jour quand même) c’est qu’étant amoureux, impliqué et à l’écoute de ce mouv’ (normalement on ne le revendique pas) j’aime ce genre d’initiative.
    easyjet est consciente de sa position de ses forces et de ses faiblesses et ça c’est pas tous les jours que les marques souvent orgueilleuses, avouent leurs lacunes. Donc well done…

  2. Julie Navarro dit :

    @Derty©
    Je vais y songer mais je n’aime pas trop l’idée à la base, à voir…
    Tu fais parti d’une minorité qui adhère à cette récupération (n’est-ce pas une forme de reconnaissance, sûrement aussi…).
    Je te rejoins sur le fait que bien souvent les marques s’aiment et le montrent de manière sur-ostentatoire, ici la marque est maligne et prend le contre-pieds de la critique négative.
    Elle concentre et exacerbe les attaques susceptibles de lui arriver dans l’aileron ;)

  3. Derty© dit :

    Pour le coup je ne suis pas tout à fait d’accord avec toi.
    Tu n’aimes pas le fait que la « street culture » soit récupérée? Dans l’absolu moi non plus et j’ai expliqué dans mon précèdent com pourquoi ma vision s’est élargie. Je pense être ouvert, et que mon mouvement ne le soit pas me fais chier (pardonne moi le terme). Cependant il est facile de dire « pas de ventes de fesses » radicalement et je suis plutôt d’accord sur ça (ceux qui me connaissent le savent) cependant le débat est complexe et mérite un autre terrain d’expression.
    Premièrement je suis conscient de faire parti d’une minorité, encore que, je ne suis pas sûre que les premiers concernés soient au fait de toutes ces campagnes.
    Deuxièmement, le bénéfice du doute, le mec qui a proposé l’idée fait peut-être ou porte peut-être une sympathie particulière pour la « street culture », perso je suis dans une boite de com’ un client veut un truc original, je me dis pourquoi pas mêler taff et convictions perso. Relativiser est important surtout que je ne cautionne pas toutes les « récup » mais quelques unes (et encore) et ce n’est pas être traitre mais intelligent selon moi que d’apprécier une initiative.

  4. Julie Navarro dit :

    @Derty©
    Heu je n’ai pas dit que je n’aimais pas l’idée et parler de traîtrise ne convient pas à l’angle de l’article.
    Je suppose que les personnes attachées à ce mouvement ne souhaitent pas entendre parler de publicité ou de monétisation de leur expression dans la mesure où il n’est pas encore reconnu à sa juste valeur. On y tend un peu plus j’ai l’impression néanmoins la stigmatisation prend souvent le pas sur le message de fond et ça c’est le plus dommageable à mon sens.
    Il aurait été bien d’expliquer ce que tu entends derrière « vendre ses fesses » :)

  5. [...] This post was mentioned on Twitter by Vincent Ferrer, Mohamed Semeunacte. Mohamed Semeunacte said: Face aux catastrophes de l’été, easyJet ironise et détourne ses pubs http://bit.ly/bW29Ul Par Julie Navarro [...]

  6. Derty© dit :

    @Julie
    Pour « vendre ses fesses » cela signifie aller contre ses convictions, contre les règles, l’authenticité d’un mouvement, au prix de faire de l’argent, la gloire… sa motivation première. Exemple: notre célèbre Booba (pas le petit ourson mais l’autre) qui, il y a bien longtemps, à l’époque de Lunatic, Time Bombe, Beat de Boul’, faisait du vrai son, écouté sur de vrais canaux, dans de vraies salles et avec des auditeurs avertis qui connaissaient le rap. Aujourd’hui nous sommes unanimes on est loin de tout cela. C’est ça en gros vendre ses fesses :) se prostituer…

  7. Derty© dit :

    En tout cas merci pour cet article, car ce n’est pas tous les jours qu’on à la parole et la possibilité de s’exprimer sur le sujet.

  8. Julie Navarro dit :

    @Derty©
    Merci de la précision qui va éclairer au combien nos lanternes.
    Je déconne c’est juste que c’est bien d’expliquer un peu plus ses convictions, certaines personnes ne comprennent pas toujours.

  9. Julie Navarro dit :

    @Derty©
    Quand tu crois qu’il n’est plus là il revviiieeennnnnnttttt.
    De rien ;)

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