Voici un tract distribué lors des enseignements « hors les murs » qui se sont tenus les lundi 9 et mardi 10 février) ; un article posté sur le site de l’Université Paris 3… A lire !

« Si tu veux tuer ton chien, accuse-le d’avoir la rage… »

1. « L’enseignant-chercheur jamais évalué »

L’évaluation est notre quotidien : de la thèse à l’obtention des postes, au déroulement de carrière, à la soumission de nos articles, aux conférences publiques, à des comités de rédaction…
L’évaluation est réalisée par des rapporteurs indépendants, de surcroît sur la base de propositions le plus souvent anonymisées pour plus d’égalité de traitement.

2. Quelques Nobels qui cacheraient une forêt de médiocrité (discours de N. Sarkozy – 22 janvier 2009)

D’après le classement de Shanghaï 2008 sur les universités: la France se classe au 7e rang mondial pour les résultats (sachant que ce classement ne concerne que la production d’articles et non pas l’intégration de nos étudiants dans la société civile pour lequel nous serions encore mieux classés).
Du côté des moyens alloués à la recherche universitaire, par contre, la France n’occupe que la 18e place au niveau mondial et la 9e place au niveau européen (chiffres OCDE, 2007)

3. « Des moyens croissants pour de mauvais résultats »

En réalité : des moyens qui stagnent en euros constants et qui régressent si on les rapporte au nombre d’étudiants. Depuis 1980, 78% d’étudiants en plus pour 59% d’enseignants-chercheurs en plus (chiffres OST OCDE).
Des dépenses annuelles par étudiant très faibles pour l’Université : avec 7 210 euros par étudiant en 2007, la France se situe au 20e rang mondial.
Des dépenses en outre très inégales: 13 560 euros pour les classes préparatoires aux grandes écoles (chiffres: OST, OCDE).
Parallèlement, une précarisation croissante des postes (administratifs, enseignements), accentuée par la nouvelle loi d’autonomie des universités (LRU)

4. « Des universitaires qui ne travaillent que 6 heures par semaine »

Rectifions : les enseignants-chercheurs ont à faire face à une multiplication des tâches.

Outre les tâches d’enseignement, de préparation des cours, de correction des travaux, d’encadrement des étudiants, l’enseignant chercheur doit publier, communiquer et valoriser les résultats de sa recherche.

Il doit de plus en plus, et au détriment de sa mission d’enseignement et de recherche, effectuer de nombreuses tâches administratives (responsabilités de diplôme, participation et animation de commissions organisationnelles outre les commissions pédagogiques et scientifiques, réalisation de brochures et supports d’information, accompagnement des étudiants Erasmus, suivi des stages, orientation professionnelle des étudiants, recrutement de vacataires, rédaction de nombreux rapports à des fins d’obtention de moyens pour la recherche et d’évaluation pour la carrière, …).

Ajoutons : ni l’enseignement ni le travail administratif ne sont pris en compte dans l’évaluation de nos carrières.

5. « Les entreprises : l’avenir budgétaire de l’université »

Le modèle nord américain est souvent cité en référence. Or, 70% des ressources des universités américaines proviennent de l’Etat, 25% de fondations, 5% seulement des entreprises.

Quid d’une indépendance de la recherche, lorsque les intérêts scientifiques pourraient contrevenir aux intérêts des donateurs et partenaires ?

Assez de mensonges ! Halte au mépris !

Battons nous pour l’indépendance de la recherche, et un enseignement universitaire public de qualité.

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